La franchise est le seul curseur qu'un chauffeur peut bouger tout seul, sans changer de compagnie. Encore faut-il le régler sur les bons chiffres — les vôtres, pas ceux d'un profil moyen.
Le calcul, en trois nombres
Prenez trois nombres et l'arbitrage se fait tout seul :
- 1. Le nombre de sinistres matériels que vous avez déclarés ces trois dernières années.
- 2. Leur coût moyen.
- 3. L'écart de prime entre les deux niveaux de franchise proposés.
Exemple concret. Un chauffeur a déclaré deux sinistres en trois ans, coût moyen 850 €. On lui propose 2 400 € avec 500 € de franchise, ou 2 150 € avec 900 €.
Sur trois ans, l'option basse coûte 7 200 € de prime plus 1 000 € de franchises, soit 8 200 €. L'option haute coûte 6 450 € plus 1 800 €, soit 8 250 €. Match nul, avec un risque de trésorerie plus élevé du côté de la franchise haute.
Le même calcul chez un chauffeur qui n'a rien déclaré depuis trois ans donne 750 € d'économie nette. D'où la conclusion : il n'existe pas de bonne franchise dans l'absolu.
Les franchises que personne ne regarde
Le devis affiche « franchise 500 € ». Sous-entendu : franchise dommages tous accidents. Trois autres se cachent dans le tableau.
La franchise vol, souvent exprimée en pourcentage de la valeur du véhicule. À 10 % sur un véhicule de 22 000 €, elle atteint 2 200 €.
La franchise bris de glace, fréquemment nulle en réparation d'impact et de 80 à 150 € en remplacement de pare-brise. Sur un métier où le pare-brise prend cher, ça compte.
La franchise majorée, applicable dans des cas précis : conducteur novice, sinistre de nuit, conducteur non nommément désigné. Elle double parfois la franchise de base.
Les garanties qu'on ne retire pas
La responsabilité civile professionnelle
Non négociable, c'est l'obligation légale et le socle. Elle doit couvrir explicitement le transport de personnes à titre onéreux.
La garantie du conducteur
Vous êtes l'outil de production. En cas d'accident responsable, personne d'autre ne vous indemnise. Regardez le seuil de déclenchement autant que le capital : un seuil à 5 % couvre les situations réelles, un seuil à 30 % couvre les catastrophes.
Le véhicule de remplacement
Sans véhicule, l'activité s'arrête net. Visez une durée d'au moins 15 jours et une catégorie compatible avec l'activité — un véhicule de remplacement dans lequel vous ne pouvez pas transporter un client avec ses bagages ne sert à rien.
L'assistance 0 km
Une panne devant chez vous immobilise autant qu'une panne sur autoroute. L'assistance limitée à plus de 25 km du domicile est un classique des contrats d'entrée de gamme.
Les garanties discutables
La protection juridique : utile, mais vérifiez qu'elle ne double pas celle de votre banque ou de votre carte professionnelle.
La garantie effets personnels : plafonds souvent dérisoires (300 à 500 €) pour une prime de 30 à 50 €. À arbitrer selon le matériel réellement embarqué.
Le contenu professionnel : pertinent si vous transportez du matériel de valeur, superflu sinon.
La perte d'exploitation : intéressante sur le papier, chère en pratique, et souvent redondante avec les indemnités journalières de la garantie du conducteur. À examiner de près plutôt qu'à cocher par réflexe.
Un contrat bien réglé, à quoi ça ressemble
Pour un chauffeur VTC indépendant, avec un véhicule de 3 à 6 ans et une activité pleine :
| Poste | Réglage raisonnable |
|---|---|
| Usage déclaré | Transport public de personnes / VTC |
| Formule | Tous risques si valeur > 8 000 € ou financement en cours, tiers étendu sinon |
| Franchise dommages | 400 à 700 € selon trésorerie |
| Garantie du conducteur | Seuil ≤ 10 %, capital ≥ 300 000 €, avec indemnités journalières |
| Véhicule de remplacement | 15 jours minimum, catégorie berline |
| Assistance | 0 km |
Ce tableau ne remplace pas une étude sur votre dossier, mais il donne une base de discussion solide face à n'importe quel interlocuteur. Pour le confronter à votre contrat actuel, Orizon Assurance le fait gratuitement, ligne par ligne.