Comparer deux devis VTC : six lignes, pas un montant

Comment comparer deux devis d'assurance VTC sans se faire piéger par le montant affiché : les six lignes à confronter, et les pièges classiques.

Deux devis, deux montants, et l'impression que le choix est évident. C'est presque toujours à ce moment qu'on se trompe. Un contrat d'assurance professionnelle se compare sur six lignes, et le prix n'est que la sixième.

Ligne 1 — L'usage déclaré

C'est la seule ligne qui peut annuler l'intérêt de tout le reste. Le contrat doit mentionner explicitement le transport public de personnes, l'activité VTC ou une formulation équivalente.

Un devis qui parle d'« usage professionnel » sans plus de précision doit être clarifié par écrit avant signature. La différence de prix entre un contrat VTC et un contrat « tournée professionnelle » s'explique très simplement : le second ne couvre pas vos courses.

Ligne 2 — La franchise, toutes les franchises

Il y en a rarement une seule. On trouve couramment :

  • une franchise dommages tous accidents,
  • une franchise vol et incendie, souvent exprimée en pourcentage,
  • une franchise bris de glace, parfois nulle en réparation et élevée en remplacement,
  • une franchise majorée pour conducteur novice ou sinistre de nuit dans certains contrats.

Un devis moins cher de 180 € avec 600 € de franchise supplémentaire ne devient rentable qu'au bout de quatre ans sans le moindre sinistre.

Ligne 3 — La garantie du conducteur

La ligne la plus variable du marché, et la plus importante pour un indépendant. Trois éléments à relever :

Le capital garanti. De 150 000 € à plus d'un million selon les contrats.

Le seuil de déclenchement. Exprimé en taux d'incapacité permanente. Un seuil à 30 % élimine de fait la majorité des séquelles réelles ; un seuil à 5 % couvre beaucoup plus largement.

Les indemnités journalières. Présentes ou non, avec un délai de carence de 3 à 30 jours. Pour un chauffeur, c'est ce qui fait la différence entre une immobilisation gênante et une immobilisation ruineuse.

Ligne 4 — Le véhicule de remplacement

Sans véhicule, votre chiffre d'affaires tombe à zéro. Vérifiez trois choses : la durée (5, 15 ou 30 jours), la catégorie (une citadine deux places ne permet pas d'exercer), et les cas de déclenchement — certains contrats ne l'accordent qu'après un accident responsable, pas après un vol.

Ligne 5 — Les exclusions

Elles tiennent en une page, personne ne les lit, et elles décident de tout. Les plus fréquentes chez les chauffeurs : conduite par une personne non déclarée, transport de marchandises, participation à des courses hors du territoire couvert, défaut d'entretien caractérisé.

Ligne 6 — Le prix, enfin

Et encore : le prix comparable, c'est-à-dire ramené au même mode de paiement. Un devis à 2 250 € annuel et un devis à 199 € par mois ne sont pas à 2 250 € contre 2 388 € : il faut ajouter les éventuels frais de dossier et de fractionnement.

Comparateur en ligne, compagnie, courtier : lequel compare vraiment ?

Un comparateur en ligne compare les compagnies qui le rémunèrent, sur des profils standardisés. Utile pour un ordre de grandeur, insuffisant pour une activité professionnelle avec relevé d'information.

Une compagnie en direct ne compare rien : elle vend son contrat. Ce qui est parfaitement légitime, mais ne vous dit pas où vous situer.

Un courtier interroge plusieurs compagnies avec votre dossier réel, y compris celles qui ne font pas de vente directe aux chauffeurs. C'est le seul montage où quelqu'un a intérêt à faire remonter une offre moins chère que celle que vous avez déjà. Chez Orizon Assurance, cette étude est gratuite pour le chauffeur — la rémunération vient de la compagnie retenue.

Le bon moment pour comparer

Deux mois avant l'échéance de votre contrat actuel. Vous avez alors le temps de recevoir plusieurs propositions, de poser des questions, et de résilier dans les délais si vous changez. Comparer trois jours avant l'échéance conduit presque toujours à reconduire par défaut.